Les causes d’un système immunitaire faible sont diverses. Il est important de connaître les principaux facteurs de risque pour pouvoir réagir de manière ciblée et renforcer son système immunitaire.
«Le sommeil est en quelque sorte une vaste immunothérapie: il s’agit du seul moyen pour notre corps de reprendre des forces.»
Manque de sommeil
Un sommeil réparateur et profond est essentiel à la régénération immunitaire. Les personnes qui dorment durablement moins de six heures par nuit sont davantage exposées aux inflammations. Comme le résume notre expert: «Le sommeil est en quelque sorte une vaste immunothérapie: il s’agit du seul moyen pour notre corps de reprendre des forces.»
Déficits alimentaires
L’alimentation permet non seulement de faire le plein d’énergie, mais aussi de fournir d’importants signaux au système immunitaire – notamment par le biais du microbiote intestinal. Un déficit en nutriments essentiels tels que les vitamines A, D, C et du groupe B, le zinc, le fer, les acides gras oméga 3 ou les protéines peut affaiblir nos défenses. Ces substances influent en outre sur l’humeur, la concentration et l’endurance, preuve que la psyché et le système immunitaire sont étroitement liés.
Attention: un surdosage (p. ex. en raison de la prise de compléments alimentaires) peut perturber notre équilibre immunitaire.
Affaiblissement du système immunitaire lié à l’âge
Avec l’âge, le système immunitaire subit d’importants changements. Ce processus est appelé «immunosénescence». Les différentes composantes de notre système immunitaire sont moins bien coordonnées; le nombre de cellules T produites diminue, ce qui limite la capacité d’adaptation à de nouveaux agents pathogènes. En outre, les maladies auto-immunes, les problèmes vasculaires et les processus neurodégénératifs se font plus fréquents. «Le système immunitaire des personnes âgées est un peu comme un orchestre au sein duquel certains instruments feraient défaut, tandis que d’autres seraient désaccordés et que le chef serait plus lent qu’auparavant», indique le Dr Samuel Gehrke. Il est possible de contrer ce phénomène en pratiquant une activité physique, en faisant preuve de pleine conscience et en mangeant équilibré.
Affaiblissement du système immunitaire lié au froid
Bien que le froid en lui-même ne rende pas malade, il favorise les infections. On passe plus de temps dans des locaux fermés, ce qui facilite la transmission de virus tels que celui de la grippe. L’air froid et sec irrite les muqueuses du nez et du pharynx, les rendant alors plus sensibles aux virus. Comme les cils des voies respiratoires se déplacent plus lentement, les virus sont moins efficacement éliminés. En outre, le taux de vitamine D a tendance à baisser en hiver.
Nicotine et alcool
La fumée de cigarette affaiblit les défenses des poumons: leurs cils fonctionnent moins bien, les phagocytes (macrophages pulmonaires) sont moins actifs et le nombre de transmetteurs favorisant les inflammations augmente. Le risque de contracter une infection des voies respiratoires telle que la grippe, la pneumonie ou le COVID-19 ou une maladie auto-immune est alors plus élevé.
L’alcool est lui aussi nocif, notamment parce qu’il affaiblit les cellules immunitaires et réduit la perméabilité de la barrière intestinale. «Si une consommation modérée et occasionnelle d’alcool n’est généralement pas problématique, une consommation importante et régulière perturbe l’immunorégulation et favorise les inflammations systémiques», avertit le psycho-neuro-immunologiste.
Stress chronique
«Un stress chronique a une influence sur notre humeur et altère fortement le fonctionnement de notre système immunitaire», explique le Dr Samuel Gehrke. Tandis qu’un stress aigu peut stimuler temporairement les défenses immunitaires, un stress chronique nuit à l’immunorégulation. Il entraîne alors une perturbation du cortisol, l’hormone du stress. À long terme, cela engendre une prédisposition accrue aux infections, dégrade la qualité du repos et renforce le risque de maladies auto-immunes.
«Un stress chronique a une influence sur notre humeur et altère fortement le fonctionnement de notre système immunitaire.»
Maladies
De nombreuses affections peuvent affaiblir notre système immunitaire. C’est notamment le cas des maladies infectieuses comme le VIH/sida ou des hépatites chroniques, mais aussi des cancers (en particulier les cancers du sang tels que la leucémie ou le lymphome), du diabète ainsi que des affections chroniques touchant le foie et les reins. Une malnutrition, des maladies psychiques comme une dépression ou des troubles anxieux ainsi que certains médicaments ont eux aussi un impact sur nos défenses. Dans le cas de maladies auto-immunes, le système immunitaire est perturbé et réagit de manière excessive.
Polluants et substances nocives
Les métaux lourds, les pesticides, les produits chimiques industriels et les polluants atmosphériques peuvent affaiblir les fonctions immunitaires et la barrière intestinale et favoriser les inflammations. «Une réduction des contacts avec les polluants permet de stimuler l’autorégulation du système immunitaire», précise notre expert. Cela passe notamment par l’achat de produits bio et le choix de cosmétiques naturels ou détergents plus écologiques.
Manque d’activité physique
«L’importance de l’exercice physique pour le système immunitaire est plus grande que ce que pense la plupart des gens», souligne le Dr Samuel Gehrke. En l’absence d’activité physique régulière, le taux d’inflammation chronique augmente, le flux lymphatique ralentit et les déchets restent plus longtemps au sein des tissus. Le manque d’exercice physique favorise en outre la résistance à l’insuline, le surpoids et les troubles du sommeil, qui sont autant de facteurs de risque d’un affaiblissement du système immunitaire. Le stress et l’isolement social, qui nuisent eux aussi à la performance du système immunitaire, en sont renforcés. La pratique régulière d’une activité physique modérée, en revanche, permet de la stimuler.
Comment fonctionne le système immunitaire?